#Interview 8 : Sophie de La Belle Bouse



Sophie Anaf, fondatrice de La Belle Bouse nous parle d’elle, et de ses projets !

Zoom sur la porteuse de projet

Présentez vous et votre parcours en quelques mots ?

Sophie, 29 ans, issue d’une école en architecture des jardins (ESAJ Paris), précédée d’une option avant bac en agronomie.

À la suite de mes études j’ai travaillé en freelance en architecte des jardins pour des particuliers. Après deux ans j’ai eu envie de faire autre chose et de mettre plus de sens dans mon quotidien. J’en avais marre de faire des projets pour faire des projets.

Motivation : l’entrepreneuriat ou la cause ?
Au départ c’est la cause, je voulais proposer aux citadins un produit naturel, bio et local. Au bout de deux ans j’ai réalisé que l’entrepreneuriat me plaisait bien, je me suis découvert cet aspect là en entreprenant !

Comment se sent-on en tant qu’entrepreneure ?
On se sent très engagé, c’est ton projet, ta vie ton bébé. C’est dur de déconnecter, si je n’avais pas ça je ne sais pas ce que je ferais d’autre.

Un conseil pour ceux qui n’osent pas se lancer ?

Si le monde dans lequel vous êtes ne vous convient pas et que vous pensez avoir la solution, il faut se lancer, il faut proposer quelque chose à la société. L’entrepreneuriat c’est créer du renouveau. En sortie d’études c’est le moment de tester. C’est un bon point même après quand on cherche du boulot ça montre qu’on est débrouillard, ces profils plaisent aux recruteurs.

Et entreprendre pour une femme ?
Dans mon mon milieu, celui du jardin, certaines personnes ont un côté macho. Parfois j’en joue un peu, si les colis sont lourds et le livreur sympa ! Ce milieu est assez masculin, mais ça peut venir aussi de femmes plus âgées qui sont formatées et font moins confiance à une femme qu’à un homme.

 

Zoom sur la start-up

Votre projet en quelques mots ?

La belle Bouse, est un fertilisant naturel, biologique et local. C’est un fertilisant de haute qualité venu tout droit des campagnes de notre région (N.D.L.R. Auvergne-Rhône-Alpes). Mais au-delà d’être un simple fertilisant, c’est une envie de jardiner autrement et de mettre un coup de pied au cul aux géants du secteur, Monsanto et Bayer !

Comment vous ai venue l’idée ?

Un jour au Monoprix des Cordeliers j’ai vu qu’il y avait une table réservée au jardinage mais avec seulement des produits chimiques à la vente.  Voyant qu’il y avait une demande, je me suis interrogée sur que faire en centre ville. J’avais déjà des connaissance en agronomie et je suis allée voir des agriculteurs qui m’ont orientée vers des transformateurs de bouse. J’ai fait une sélection de fermes bios et laitières en Haute-Savoie, de petites fermes de 25 bêtes, le fermier récupère les bouses dans les étables, la transformation se fait en Nord Isère avec un séchage lent à 50 degrés pour la réduire en poussière et ensuite transformation en pelets (granulés). Bientôt la mise en sachet se fera dans un Esat à Rilleux la Pape.

Concernant la commercialisation, l’idée est de valoriser les commerces de centre ville: fleuristes, boutiques bio, boutiques de bricolage types drogueries, boutiques de vrac (comme Bulko ou À la source…).

Grâce à Fundy, je mets un pied dans la grande distribution en étant présente dans 3 Leroy Merlin en France. La suite reste à faire, le but est d’être présent dans les grands jardineries telles Botanic et Truffaut.

Selon vous, à quel besoin répondez-vous ?

Je m’adresse à des citadins qui ont des plantes et ne pensent pas à les fertiliser. L’idée est de proposer un produit facile, avec les engrais on a tendance à surdoser. Là pas de problème et même si on surdose ce n’est pas grave car avec la diffusion lente du produit le fertilisant ne va pas plus diffuser que ce dont la plante a besoin.

Un fertilisant ça booste la terre et la plante, alors qu’un engrais booste juste la plante et appauvrit la terre à terme.

Quels sont les challenges de votre startup ? Comment voyez-vous l’avenir ?

Mon gros challenge est de faire du mass market pour pouvoir faire des nouveaux produits. Une gamme type La Ménagère avec uniquement des produits naturels et bios, déclinée avec un fertilisant plus choc , du purin d’ortie, des produits pour traiter les maladies (pucerons, cochenilles…).

Pourquoi avoir décidé d’intégrer un incubateur Manufactory ?

A Paris mon école était loin du monde entrepreneurial, on faisait beaucoup de la quantité, on n’était pas dans le réel, la vraie vie ! L’année dernière j’étais à Beelys en étudiant-entrepreneur. C’était très formateur car je n’ai pas fait un cursus dans ce domaine. Ensuite j’ai voulu continuer à l’incubateur Manufactory car je connaissais quelques personnes passées par là et je ne voulais pas être lâchée seule dans la nature. Être avec d’autres entrepreneurs et pas seule chez soi face à son projet.

Que vous apporte le suivi à l’incubateur  ?

De la motivation, de l’entraide, du dialogue et de l’ouverture vers le monde extérieur.

Avez-vous une journée type ?

Je me réveille vers 8H pour être au boulot vers 9H.  En début de journée, je traite mes mails et je m’occupe des réseaux jusqu’à 10H. À l’arrivée de ma stagiaire, on parle de communication, on cherche ce qu’on peut faire de nouveau, on parle des clients, des concours, des salons (on va faire Natexpo en septembre), s’il y a des commandes on fait de l’ensachage, mais cela peut être aussi des mails commerciaux, des dossiers de presse, réfléchir à la création d’un événement avec des instagrammers autour de la bouse ! Pour la partie commercialisation, pas trop de journée type phoning, cela fonctionne beaucoup par réseau pour les nouveaux clients, ou par Linkedin.

Côté inspirations

Qui vous inspire le plus et pourquoi ?

Vandana Shiva, est une militante féministe indienne. C’est mon inspiration de part ses actes, son engagement et son style de vie. Elle a créé un collectif de femmes en Inde suite au scandale OGM du coton BT introduit en 2002 qui a entraîné une vague de suicides d’agriculteurs, endettés après avoir acheté ces graines Monsanto censées avoir un rendement meilleur. Beaucoup de femmes se sont retrouvées seules et en détresse. Vandana Shiva a dénoncé ce phénomène avec un traité « Every 30 minutes – Farmers suicides, Human Rights and Agrarian Crisis in India ». Elle a aussi offert à ces femmes des graines reproductible afin qu’elles puissent reprendre les cultures de leurs maris disparus.

Votre série du moment ?
Moha La Squale, un  rappeur qui sort des quartiers, de tôle et veut être acteur. C’est notre Vincent Cassel de demain !

Quelle est ta plante préférée ?

Je les aime toutes ! Mon appartement est en rez-de-chaussée donc ma plante du moment qui ne demande pas beaucoup de lumière est le Zamioculcas zamiifolia. La Maranta leuconeura est étonnante car elle est photosensible, elle se ferme la nuit et s’ouvre au soleil.

Une citation favorite ?
 » Aucune autre espèce n’a été assez stupide, pour détruire volontairement, la source de son alimentation, tout en se croyant plus intelligent.  » Vandana Shiva

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